Quand j’ai débarqué dans le vestiaire pour l’entraînement aujourd’hui, j’ai dit aux gars : "on va bosser l’attaque", l’ami Capoue acquiesce alors "c’est pas faux". Déjà quand je leur ai parlé d’offensive le jour de mon intronisation, ils m’ont tous contemplé avec des yeux hagards, sauf Wilhelmsson qui ne comprend pas un traître mot de ce que je peux raconter donc il se contente de sourire. Je ne sais pas si c’est le fait que leur entraîneur leur parle ou si c’est le mot offensive qui leur a échappé. Là-dessus, j’enchaîne « les gars, on a une sortie scolaire à La Baule vendredi, on va leur montrer ce que c’est le jeu à la nantaise à ces paysans » (les guingampais évidemment, pas les baulois). Là-dessus Capoue esquisse un sourire large comme un contrôle d’Oliech, « j’connais une boîte sympa là-bas ». Je fais comme si je n’avais rien entendu et je poursuis mon réquisitoire : « la meilleure défense c’est l’attaque », Cetto rétorque : « ça yé sé faire coach ! », « l’attaque pas le tacle, Mauro », voyant qu’il commençait à devenir tout rouge je lui brandis alors un carton jaune, y’a que ça pour le calmer, l'animal.
« Allez tout le monde à l’entraînement », voyant Capoue sortir de son sac de sport Dolce & Gabbana un pantalon pattes d’eph’ et une chemise à paillettes, je lui objecte « de foot, Aurélien, de foot ! ». Dans le couloir menant vers le terrain, Guillon me prend à part pour me demander pourquoi on l’oblige à jouer avec un garrot sur le bras gauche. Visiblement le beau Serge ne lui a pas expliqué toutes les subtilités du capitanat. Je lui prête donc un DVD retraçant la carrière de Sylvain Kastendeuch en lui disant de faire pareil, sauf pour le brushing. Si il peut apprendre deux trois trucs, ça pourra pas lui faire de mal. Ca me fait d'ailleurs penser que Mauro ne m’a toujours pas rendu celui sur Cyril Rool… Pour Guillon, je ne vais pas le traumatiser tout de suite avec les responsabilités du capitanat, tout ça, il va nous faire une syncope.
Pour l’entraînement, on a bossé les frappes de balles, sauf Oliech, je lui ai dit d’aller faire des passes contre le mur du bureau de Gripond pour bosser sa technique. J’avais mis Heurtebis dans les buts, pour la forme, et j’ai du recourir à l’équipe des – de 13 pour récupérer les ballons dans la forêt. Pas trop mal pour Keseru qui en a rentré quelques unes dans le bide d’Heurtebis, Diallo s’obstine visiblement à trouver la frappe sur le poteau parfaite, Dimitrijevic se résigne rapidement ne voyant pas de paquet de chips ambulant à viser. Une bonne séance encore aujourd’hui, ah si une dernière chose, Norbert tient toujours debout.